Vive les vacances.

Moi j'adore les vacances. Surtout quand, après une indigestion de saumon, d'épines de sapin et de cousins braillards le jour de Noël, je me mets à vomir de la pomme par le nez. C'est gore, n'est-ce pas ? Non ne répondez rien. Attention, je ne dis pas que passer la nuit la tête dans les chiottes (pendant que tous les autres s'amusent comme des petits fous) n'est pas follement excitant, mais bon avouez quand même que c'est ce qu'on appelle une VIE DE MERDE. Je vais contacter le service après-vente de l'autre gros bonhomme rouge pour lui signaler que j'avais commandé une Ferrari et non une gastro-entérite. Il aurait pu la refourguer à quelqu'un d'autre, ma voisine par exemple, qui s'éclate à passer le balai dans l'escalier à 7 heures du mat'. Du coup, pour faire passer le temps (en attendant le deuxième arrivage de pomme Granny dans la cuvette des toilettes) j'ai regardé Matrix en VO. Déjà qu'en français je ne comprenais pas grand-chose, mais alors là ce fut la cerise sur l'pompon.

___________________________________________________________________

Pour continuer dans le registre "j'ai une vie de merde mais je garde le sourire" je tiens également à signaler que la semaine dernière j'ai failli me tuer en glissant sur une plaque de verglas parce que j'étais en retard pour aller au lycée et que je portais des talons. Des talons quoi. Moi, Mayou, la fille abonnée aux Converses toutes crados. Ouais. Bah ça me réussit pas. En fait, j'ai juste réussi à labourer la terre des pelouses que j'ai traversées puisque que quand je suis rentrée chez moi j'avais juste 5 kilos de bouillasse accrochée aux pompes. Mais bon, à part ça ça va. Dans deux jours nous entrons dans une nouvelle année, une année porteuse de bonheur et de chance, où chacun espère que Katy Perry se fera larguer une bonne fois pour toutes et qu'elle s'exilera au pays des Amazones où elle se fera couper un sein et où elle pourra "kisser des girls" à sa guise. Pour ma part, j'ai pris de bonnes résolutions pour 2009. J'ai décidé de :

-Arrêter de regarder les gens comme si je voulais les envoyer dans les fours crématoires,
-Arrêter de vouloir envoyer les gens dans les fours crématoires,
-Eh, c'est tout, attendez, faut pas pousser non plus ???

Aussi, pour 2009, j'ai préparé un horoscope pour le journal du lycée mouahaha attention c'est on ne peut plus sérieux :


________________________________________________________


Bélier : A cause à d'un alignement de Pluton et Uranus, vous glisserez sur un Chocapic jeté impunément par terre par votre petit frère. Néanmoins, votre déboîtement du bassin (dû à votre chute) vous dispensera d'EPS pendant un mois.

Taureau
: Les membres du 2ème décan seront confrontés à un conflit avec leur prof de maths à propos d'une histoire de laxatif versé dans un café.

Gémeaux : Votre tempérament bipolaire aura tendance à développer des accès de schizophrénie chez les natifs du premier décan, surtout entre midi et quatorze heures le sixième samedi avant la fin de mars.

Cancer
: Ce mois-ci, la concordance des planètes de la galaxie Glubuk-Pluc (nouvellement découverte) vous projettera au top des charts grâce à une chanson écrite par Mireille Matthieu.

Lion
: Les Lions devront prendre garde aux Scorpions qui seront prêts à tout pour leur voler la vedette lors de l'élection de Miss Boudin Noir 2009.

Vierge : Attention à ne pas manger trop de dinde après les fêtes car vous pourriez vous-même vous transformer en grosse dinde que l'on s'empressera de rôtir avec des marrons et des pommes de terre dauphines.

Balance
: L'auto-destruction imminente de Vénus engendrera de grands bouleversements dans votre vie sentimentale. Votre conjoint vous quittera pour faire le tour du monde en bouquetin. Et ne croyez pas qu'il vous laissera la voiture et les enfants !

Scorpion
: Des messages cosmiques en provenance de Jupiter conseillent aux Scorpions de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éradiquer les Lions. Ainsi vous serez élu(e) Miss Boudin Noir 2009.

Sagittaire : Les membres du 3ème décan se réveilleront vêtus d'une pantalon à franges et d'une perruque 70's sur le parking de l'Eglise sans aucun souvenir de ce qui leur est arrivé.

Capricorne : Vous jouerez et gagnerez au Loto à condition d'avoir payé auparavant l'astrologue qui a élaboré cet horoscope (pour la remise des chèques, contacter la rédaction).

Verseau : Les Verseaux, fidèles à leur caractère novateur, seront frappés d'hypothermie après avoir surfé sur l'Epte en plein mois de janvier sous la neige.

Poissons : Les natifs du 1er, 2ème et 3ème décan devront payer 1000 euros de vétérinaire parce que leur chien aura ingurgité malencontreusement une chaussette qui traînait par là. Un conseil : achetez un chat.

Ho, Ho, Ho (Géant Verrrrt).

PS : pour acheter Bienvenue à Dingopolis à Noël pour vos proches, c'est ICI (eh oui je ne perds pas le Nord huhu ;))


(C) MAYOU

Bienvenue à Dingopolis © | 2008 | Tous droits réservés.
Vive les vacances.

# Posté le mardi 23 décembre 2008 10:58

Modifié le dimanche 08 mars 2009 09:42

Astéroïdes sur table et excès de parapluies en dentelle. Ne cherche pas de sens à ce titre, en effet il n'y en pas (de sens, pas de titre rhoo)

Bon, comme je l'avais dit il y a un certain temps déjà, j'ai prévu un concours en rapport avec Dingopolis. Voici les règles :

Vous devez dessiner un paysage en rapport avec Dingopolis, des personnages ou bien encore une scène précise. Ca peut être des paysages / personnages / scènes présents dans le livre, mais vous pouvez aussi inventer (ouais ici c'est trop freestyle quoi).



Il suffit que vous m'envoyiez le tout à dingopolis@hotmail.fr. Non ceci n'est pas une pathétique manière de vous refourguer mon adresse MSN. Quoique mouahahaha.



Et le gagnant désigné par le jury (composé de moi-même) recevra euh...aheum...un cadeau spécial choisi par mes soins *cherche avec frénésie quoi offrir*. Nan mais sérieux ce sera un cadeau cool, enfin...on verra.





▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄▀▄





/!\ ATTENZIONE

Séance dédicace prévue le samedi 14 mars 2009 (on précise l'année hein on sait jamais) à la librairie de l'Ange alors vous ramènerez tous vos fesses à la librairie, que vous ayez le livre ou non, portant déjà une dédicace ou non. Vous ramenez papy, mamie (surtout s'ils ont plein de sous à dépenser dans mon mayoutesquement merveilleux livre), tonton, tata, toto, tutu...bref toute la famille quoi. Et je me FOUS que vous habitiez en Arabie Saoudite ou en Nouvelle-Zélande, vous êtes dans l'OBLIGATION de venir. Sinon, gare à la divine colère de Mayouuuu !
En parlant de famille, j'ai constaté dernièrement que ma tante portait des Doc Marten's, que ma grand-mère écoutait Fatal Bazooka et que mon père portait un chapeau mexicain tout en dansant sur Killing In The Name Of. Après, n'allez pas chercher pourquoi je suis devenue complètement barge.

Bref, pour en revenir à la séance dédicace, venez siouplaît, parce que sinon je s'rais pas contente hein...

PS : Pour le concours, laissez un commentaire avec votre adresse de blog, je l'afficherai dans la liste ci-dessous :


l l


LISTE

Dante9999
blast-s-addict
maya-l-abeille
lamisslilodu60
my-pink-and-black-life




PS2 : Si Blaise Pascal n'était pas mort, je me chargerais de l'assassiner.





(C) MAYOU

Bienvenue à Dingopolis © | 2009 | Tous droits réservés.


Pix : Mayou si personne ne vient à sa séance dédicace.


Astéroïdes sur table et excès de parapluies en dentelle. Ne cherche pas de sens à ce titre, en effet il n'y en pas (de sens, pas de titre rhoo)

# Posté le jeudi 29 janvier 2009 09:51

Modifié le lundi 23 février 2009 05:04

F**ck my umbrella I'm famous.

Amis du jour, bonsoir. Je viens par le biais de cet article vous rappeler que j'ai une séance dédicace le samedi 14 mars (de 14h30 à 17h) donc que vous avez intérêt à le noter très sérieusement dans le calepin que mémé vous a offert à Noël (alors que vous aviez demandé la Wii Fit) et aussi que vous avez intérêt à venir. Pour ceux qui habitent un peu loin je vais même vous montrer un petit plan-plan que vous pourrez consulter.




ICI (plan pour aller de Paris à Gisors Land)

LA (plan pour se diriger dans Gisors Land en quête de la librairie de l'Ange. L'adresse c'est : 8 RUE DE PARIS 27140 Gisors)



Bon ces très chers liens ne fonctionnent pas donc vous allez sur Google Maps vous tapez Itinéraire Paris-Gisors et vous trouverez hein.


Comme vous n'aurez plus AUCUNE excuse (quand je dis aucune c'est vraiment aucune aucune hein) pour ne PAS venir. Voilà. Nah.






Sinon, je tiens à vous faire part d'une de mes lectures. Beaucoup d'entre vous m'ont dit que mon style d'écriture ressemblait à celui du Journal de Georgia Nicolson , et moi, grande curieuse que je suis, je l'ai lu...en deux heures. Conclusion : ce livre est le plus génial du monde, après le mien bien sûr mouahaha (pfiou quelle prétention ! Elle a pris la grosse tête l'autre dis donc). Bon ok j'exagère. Mais oui, effectivement, le style est semblable au mien, en plus vulgaire quoi. Bref, si vous aimez le style Dingopolis, vous aimerez le style Georgia.
Puis je sais pas si vous le savez, mais il y a quelques semaines, la France était victime d'une putain de méchante tempête. C'était assez sympa, genre tu te réveilles à 5h du mat', en stress dans ton lit tout en te passant divers scénarios, genre où est-ce que tu vas te retrouver si ta maison s'envole, ou bien si y'a un arbre qui s'écrase dans ta chambre ("Hmm super j'ai toujours voulu vivre dans un arbre, proche de la nature quoi..."). Mais le pire, c'est quand tu pars pour le lycée alors que dehors ça souffle à 450 km/h. Déjà que j'avais pas beaucoup dormi donc j'étais de très mauvaise humeur, genre je parle aux objets et tout :
A mon micro-ondes, qui sonne à la fin de la "cuisson" : "Putain mais ta gueule tu vois pas que tu vas réveiller tout le monde ?!"
A la clenche de ma porte, dans laquelle je m'accroche en passant : "Eh nan mais c'est bon vous avez décidé d'me faire chier aujourd'hui ou quoi ?"


Oui May0u est totalement saine d'esprit. La saga objets-chiants-qui-me-pourrissent-la-vie s'est poursuivie avec mon parapluie (cf titre de mon article). Cette espèce de grande canne surmontée d'une toile tendue à l'aide de tiges en métal est tout simplement ingrate. Déjà, très caractériel à la base (il vous jette une malédiction quand vous l'ouvrez à l'intérieur) vous croyez qu'il vous protège de la pluie mais en fait pas du tout. Soit il s'envole (à cause du vent), soit il se retourne (de même), soit il est trop petit pour vous abriter entièrement, ou bien alors il y a du vent (une fois de plus) et la pluie arrive à passer en-dessous pour vous arriver dans la tronche. Le parapluie n'est donc pas un ami fiable, c'est le Judas des objets du quotidien.

Tout ça pour dire que je me battais avec mon parapluie dans la tempête, genre avec les cheveux en l'air et tout (d'ailleurs ça m'a évoqué Harry Potter et la Chambre des Secrets, quand Tom Jedusor disparaît dans un grand tourbillon de lumière qui décoiffe Harry) quand soudain j'ai vu des joggers. Attends, mais qu'est-ce qu'ils foutaient là, eux, y'avait l'apocalypse et tout ce qu'ils ont trouvé à faire, c'est leur jogging ? Comme quoi on vit vraiment dans un monde de dingues.

Quand je suis arrivée au lycée, j'avais l'air d'une échappée de l'asile.

Enfin voilà, je vous raconte ma life, comme d'hab' quoi.

Acheter Bienvenue à Dingopolis (Nouvelle couverture et nouvelle présentation !)

Galerie de dessins de Dingopolis : mayou-pictures



PS : j'ai découvert que le mélange pop-corn au caramel et camembert, ça cassait la baraque.

PS2 : la date de clôture du concours de dessin est fixée jusqu'au 8 mars (date de fin des vacances pour moi).


(C) MAYOU

Bienvenue à Dingopolis © | 2009 | Tous droits réservés.



F**ck my umbrella I'm famous.

# Posté le dimanche 22 février 2009 09:54

Modifié le lundi 23 février 2009 06:59

Les noix de coco ont des poils.

Je suis désolée de vous assaillir constamment de mon actualité brûlante que vous consultez chaque jour sur mon blog comme si votre vie en dépendait. Bon, j'admets que je ne publie pas trèèèès souvent (quel euphémisme !). Donc, on va tout reprendre depuis le début, ok ???


Samedi 14 mars : séance dédicace. Mayou n'a pas retourné la librairie et incendié la ville parce que personne n'est venu à sa séance dédicace. Car en effet, Mayou a eu du monde, ce qui fait qu'elle ne s'est pas ennuyée une seule seconde. May0u a assumé d'avoir l'air d'une collégienne de 14 ans. Mayou a assumé d'avoir le regard qui tue et le cheveu qui rebique. Mayou s'est même laissée prendre en photo (de nos jours, il est difficile d'avoir un cliché de ce spécimen en voie d'apparition).



___.T.__.T.__.T.



Vendredi 3 avril : ce jour fut le jour où le chef Viking Pudukus et son armée de barbares envahit la Gaule où Mayou fit son premier acte citoyen en tant que majeure reconnue et adulée de tous (hmmmph t'es jaloux hein ?). Donnez moi un D, donnez-moi un O, donnez-moi un N (bon tu vas pas toutes les faire hein)...DON DU SANG ! J'aurais pu dire que cette expérience a été salutaire et formatrice pour moi si seulement je n'avais pas manqué de tomber dans les potirons (oui cette expression est changeableinterchangeableinterchangeable vous ne le saviez-pas ?) avant de me faire traîner sur un brancard dans un boucan épouvantable et de me faire brumiser la tronche soi-disant pour que je reprenne mes esprits alors que cela a juste servi à faire couler mon mascara. Bref, le don du sang, c'est traumatisant. Surtout quand l'infirmière porte un pantalon à fleurs.


___.T.__.T.__.T.



Dimanche 5 avril : coincée au milieu d'auteurs aussi poussiéreux que le canapé de mémé, Mayou se demande CE QU'ELLE FOUT LA. Certes, on l'a invitée au Salon du Livre de Chaumont-en-Vexin (version picarde de Trifouillis-les-Oies, si vous voyez ce que je veux dire) mais bon ce n'est pas une raison pour rester assise sur une chaise à attendre que l'on daigne poser le regard sur Bienvenue à Dingopolis, alors même que l'auteur d'à côté expose La question royale en Hongrie au lendemain de la Première Guerre Mondiale. Franchement, avec mes histoires de chou-fleur et de courgette, j'avais l'air autant à ma place que José Bové dans une équipe de pom-pom girls.





Quand...soudain...




« Han y'a Jeane Manson ! »

Moi : « Heum...et alors ? »

« Quoi tu connais pas Jeane Manson ?? »

Pourquoi, je devrais ??? Oui, apparemment, je devrais. Car Jeane Manson est apparemment une star de la chanson datant des années 80. Ouais mais mes parents dans les années 80 c'était pas du genre à écouter Emile et Images ou Julie Piétri, c'était plutôt genre Billy Idol ou Metallica alors bon.

De même, j'ai pu voir la fille de Michel Sardou (qui soit dit en passant, est aussi aimable et souriante qu'Adolf Hitler –prions pour qu'elle ne tombe jamais sur cet article) qui a quand même dit à mon père : « T'as un problème ? » parce qu'il a eu le malheur de croiser son regard.


Comme quoi la kaïra, c'est pas toujours celle qu'on croit.


Après ces rencontres pour le moins mondaines, May0u a pu se délecter d'un coulis de fruits rouges en sac de couchage de trucs imprononçables et inconnus à ses papilles dans un restaurant huppé. Et là, c'est le moment fatidique où tu te dis qu'au milieu de tous ces gens dont la paire de chaussures vaut autant que ta voiture t'as pas intérêt à faire de counneries, genre organiser une bataille de noyaux d'olive ou te gratter les dessous de bras. Non, tu te poses des questions existentielles telles que « où dois-je donc mettre ma serviette ? » « puis-je découper le-truc-imprononçable sans tout faire gicler sur la chemise du voisin ? ». Oui, je vous l'ai dit, la vie de Mayou est composée de moult aventures trépidantes.


Mais finalement, tout est bien qui finit bien, la fille de Michel Sardou a réussi à se décrisper sans que personne n'ait mis d'ecstasy dans son verre d'eau. Comme quoi, Impossible is nothing dirait Adidas.

Eh bien si, il est physiquement impossible de se lécher les coudes (je me demande bien qui est l'illuminé qui a découvert ça).


Mayou assume de n'avoir peur que d'une seule chose, sa tronche le matin.

Mayou assume de porter un gilet Top Moumout' en poils de noix de c0c0.

Mayou assume de parler d'elle à la troisième personne du singulier, au risque de passer pour un monstre d'égocentrisme.


(C) MAYOU

Bienvenue à Dingopolis © | 2009 | Tous droits réservés.
Les noix de coco ont des poils.

# Posté le samedi 18 avril 2009 14:03

Modifié le dimanche 19 avril 2009 16:54

A consommer de préférence avant le 22 janvier -1037

Jeudi 21 mai : salon du livre à l'Isle-Adam. C'est en cramant tranquillement sur sa chaise en plastique que May0u s'exaspère de voir que des vieux croûtons (oui je suis désolée Christophe, il n'y a pas que des vieux croûtons aux salons du livre mais il y'en a QUAND MÊME) qui pourraient au moins être son arrière grand-père s'évertuent à la draguer par moult procédés plus triviaux les uns que les autres. Bon allez si tu m'achètes mon livre je te montre les tentacules que j'ai sur le visage, papy. Nan mais sérieuuux quoi. Je me demande bien ce qui pourrait empêcher que ce genre d'énergumènes m'accoste. Peut-être en me laissant pousser les poils de dessous de bras, ou en disant que je m'appelle Eustache, qui sait.

Sinon, les L c'est trop des peace and l<3ve qui se sentent trop proches de la nature. Genre "Ouais moi j'me vois trop faire cours de philo dans l'herbe, on ferait une grande ronde et on chanterait tous Bob Marley". Oui bien sûr, et tu veux pas non plus que j'aille te chercher Laura Ingalls et ses boudiou de robes à fleurs ???

J'ai remarqué qu'on pouvait dater une série rien qu'en regardant le modèle de portables des personnages (oui Mayou a plein de réflexions métaphysiques sur la vie, c'est fou. Elle se demande aussi pourquoi personne n'a encore assassiné Kenza Farah mais bon, il s'agit d'une autre histoire).

En parlant de portables, j'ai remarqué que celui qui atteint le stade de plus haute inutilité reste l'I-Phone et toutes ses applications d'maaaarde genre : vous voulez savoir quand vous allez avoir la diarrhée ? Il y a une application pour ça. Et en-dessous t'as une pitite étoile qui dit :*Etapes supprimées. La durée des téléchargements et de la connexion peut varier.
Oui bah t'as le temps de iech dans ton froc quoi.






Et vous savez aussi ce qui est grave de l'arnaque ? C'est toutes les conneries qu'on vous raconte sur les produits laitiers. On vous dit que ça vient droit de Normandie n'est-ce pas ? DETROMPEZ-VOUS, c'est faux, faux et archi-faux ! Eh oui. Parce que de mémoire de normande, je n'ai jamais vu une seule usine de camembert en Normandie. Oui, tout votre monde s'écroule, je sais. C'a été dur aussi pour Madame Loïc et son fromage plein de grumeaux. Enfin bref.

Récemment j'ai rêvé que je parlais à Bob Marley. Et il me disait qu'en vrai il s'appelait même pas Bob Marley.

"Dans mon monde à moi il n'y aura que des divagations". Alice Au Pays des Merveilles.




__________________________________________




Bienvenue à Ding0p0lis - Chapitre 2 (ICI : Chapitre 1)

Cinéma et short à franges



Je suis réveillée par une sensation désagréable. Un picotement au niveau du nez. Je manque d'éternuer. Gênée au plus haut point par ce truc chatouillant, j'ouvre doucement mes yeux gonflés par le sommeil. La chose que j'ai au-dessus de moi fait naître dans ma gorge un cri à glacer le sang. Deux énormes globes oculaires postés devant mon visage me scrutent sans pudeur. Je hurle derechef quand je m'aperçois que lesdits globes appartiennent à Faustine. Ce qui me gratte, c'est un de ses multiples et longs poils qui envahissent son menton de quinquagénaire. En plus d'être terrorisée, j'atteins le summum de l'éc½urement.
-Ahhhhh, mais Faustine, qu'est-ce que tu fais ? Nan mais ça va pas ? C'est encore une coutume d'ici de réveiller les gens en leur faisant peur ? Ne me refais plus jamais ça.
Ma tante recule avec une lenteur pachydermique, mais continue de me fixer de ses yeux gris et ternes comme les murs d'une prison. Elle lève les mains en signe de reddition.
-Désolée, choupinette, annonce-t-elle d'une voix enrouée. Je ne voulais pas t'effrayer. Je viens juste pour te dire qu'il faut que tu te lèves tôt, c'est aujourd'hui qu'on va acheter tes fournitures scolaires. Bon, je vais te préparer ton petit-déjeuner. La même chose que d'habitude, je présume ?
Je fais « oui » de la tête. Je m'étire comme un chat tout en jetant un coup d'½il par la fenêtre. Elle donne sur une petite rue pavée et étroite, telle qu'on pourrait en voir dans les villes médiévales, bordée de magasins de moquette et de maisons biscornues. Le soleil inonde ma chambre par rais discontinus à travers les rideaux crème. Les branches du chêne qui s'épanouit dans le jardin cognent par intermittence contre la fenêtre de ma chambre, balancées par une légère brise. On pourrait presque croire que je vis dans un endroit normal. DÉTROMPEZ-VOUS.
Je m'habille d'un tee-shirt, d'un jean et d'une paire de vieux tennis, tout en me fixant un objectif pour la journée : aujourd'hui, je vais m'acheter des lunettes de soleil pour cacher mes yeux à tout jamais.
Je descends à la cuisine. Arnia n'est pas là ; comme toujours. Elle est encore à un de ses congrès de rouge à lèvres où elle espère se faire remarquer par une agence de mannequins ou je ne sais quoi encore. Faustine m'a préparé ce que je préfère le plus au monde : un sandwich semoule au ketchup et un verre de concentré de kiwi. Je m'attable tranquillement, éblouie par la lumière éclatante qui pénètre dans l'immaculée cuisine, pendant que Faustine lit le journal de ses petits yeux inexpressifs. Je croque un morceau de mon sandwich, le savoure en fermant les yeux puis bois une lampée de mon jus, que je sens descendre dans ma gorge, fluide à la fois doux et acidulé. Je recroque un morceau. Rebois une gorgée. C'est comme ça que je fais si je veux que mon petit-déjeuner soit parfait (cela me prend du temps, je dois dire. Cela explique entre autres pourquoi je suis souvent en retard). C'est la seule chose que j'ai exigée de ma tante lorsque j'ai débarqué à Ariopolis. Elle a été très compréhensive, contrairement à d'autres membres de sa famille, comme sa s½ur, à titre d'exemple.

*


Aujourd'hui, il ne s'est rien passé d'extraordinaire, si ce n'est que j'ai fait l'acquisition de mes affaires d'école, et que j'ai croisé tout un tas de gens farfelus (dont un drag-queen en sombrero et une jeune femme en tutu vert pomme). Les fournitures se composent d'une dizaine de tablettes en bois, d'un pyrographe et de papier de verre. Après on s'étonne que la déforestation est un des principaux fléaux qui sévissent dans le monde. J'ai aussi fait l'achat de ma fameuse paire de lunettes. Elles sont noires, aux branches épaisses et dont les énormes verres sont en formes d'ailes de papillon. Ainsi, je peux observer ce qui se passe autour de moi sans que personne ne puisse savoir ce que je regarde. Ça me plaît bien, cette idée. Ça me plaît tellement bien que depuis que je les ai achetées je ne les ai pas quittées. Arnia a la certitude maintenant que je garde ces lunettes pour conserver mon anonymat car je serais une star du grand écran mais je le cacherais au restant de ma famille. Les gens stupides peuvent avoir beaucoup d'imagination, parfois.
Le restant de la semaine s'est déroulé sans évènement notable. Je n'ai pas eu d'autres nouvelles d'Alban et de sa dangereuse érudite américaine, mais je ne m'en inquiète pas, après tout, il a bien le droit de s'amuser sans se préoccuper de sa petite amie transie d'amour qui l'attend au fin fond d'une ville de dégénérés. Néanmoins, j'ai reçu deux autres e-mails de Juliette, le premier pour me dire que son père avait fracassé son tambourin sur la tête de Johnny qui était venu chanter Pour Que Tu M'Aimes Encore de Céline Dion sous la fenêtre de sa fille, le second pour me souhaiter bonne chance pour la rentrée. Eh oui, c'est demain la reprise des cours. Je suis un peu anxieuse, à vrai dire. Je suis obsédée par ce que les gens vont penser de moi. Bien entendu, j'avais oublié que j'habitais à présent à Ariopolis, la cité où le mot normal n'a aucun sens.

*


J'enfile avec difficulté le pantalon que je dois porter aujourd'hui. Je manque de me casser la figure, me rattrape à ma lampe de chevet –une atrocité en faïence autour de laquelle s'enroulent des dauphins- qui va achever sa vie sur le sol de ma chambre dans un fracas épouvantable. Je suis en retard. Terriblement en retard. Je choisis un haut au hasard, à savoir un maillot blanc tout simple à manches longues, attrape mon sac plein à craquer de tablettes en bois et descends l'escalier quatre à quatre. Ma tante, le dos tourné, s'affaire sereinement dans la cuisine. Elle se tourne et me sourit gentiment.
-Coucou, Jenna ! Tu veux petit-déjeuner ? Je t'ai préparé ton sandwich à la semoule comme tu l'aimes...
-Pas maintenant, Faustine ! je hurle à travers la maison tout en rassemblant mes cheveux en queue de cheval. Je suis en retard ! À ce soir !
Mes lunettes sur le bout du nez, je sors en trombe de la maison. Bien qu'on ne soit encore que le matin, le soleil tape déjà fort, en ce matin du premier septembre. Pas un nuage à l'horizon. Je me mets à courir en direction du lycée, à quelques rues de là.
Je ne suis jamais sortie de la rue de ma tante depuis que je suis là, pour dire vrai. Je connais juste l'emplacement de l'école par ses indications. Je sais qu'elle se trouve dans l'Avenue Mayor I. Ce qui est étrange, c'est que je ne me rappelle même pas être entrée à Ariopolis. Je crois bien que je me suis endormie durant le trajet. Bref.
Je sors d'une venelle qui conduit normalement à la rue de mon lycée. Je demeure figée sur place. Ma mâchoire se décroche probablement. Il y a une possibilité pour que mes yeux sortent de leurs orbites. Tout ça pour dire que ce que je vois en ce moment, je ne m'y attendais pas du tout.
Au lieu de voir une avenue normale, avec des voitures normales, et éventuellement des feux de croisement normaux, je me trouve devant l'anormalité la plus complète. Je suis estomaquée. Devant moi s'étire sur des centaines et des centaines de mètres un ruban d'herbe, sur lequel circule une pléiade de... trottinettes. Je ne blague pas. Les hommes d'affaires, les écoliers, se déplacent tous sur des trottinettes électriques. Une très forte odeur de friture mêlée de relents de type animal m'irrite les narines. Tout ce beau monde progresse parmi un capharnaüm total, en d'autres termes parmi des charrettes conduites par toutes sortes d'animaux (à savoir des chevaux, des b½ufs et même des cerfs), des monocycles et des traîneaux. Sans compter que ça hurle de tous les côtés, dans cette pagaille. On ne s'entend même plus penser. La rue est bordée de bâtiments en forme de fruits et légumes. Là, une fraise géante qui semble être un supermarché, ici un artichaut qui pourrait être un restaurant. Le tout est agrémenté par-ci par-là de petits arbres portant en leur sein des fruits orange. Le boulevard herbeux se termine par une grande place en mosaïque où sont construits trois bâtiments : un grand édifice dont la porte est barrée de symboles mystérieux à l'architecture très complexe, composé de tourelles en pierre, d'encorbellements et de colombages ; un gigantesque building en acier bleu et or qui se prolonge en une flèche en forme d'as de pique, avec une entrée qui est surmontée d'un panneau lumineux « PALAZZO » et dans lequel je remarque beaucoup d'allées et venues ; et enfin, une vieille bâtisse en briques rouges que je pourrais reconnaître entre mille : le lycée. Quel endroit ! À la fois merveilleux et angoissant ; j'ai l'impression d'avoir été propulsée dans un roman de Lewis Caroll. J'ai perdu définitivement tous mes repères. Comment vais-je pouvoir survivre dans cette cité hors du commun ? Ceci dit, tout cela peut avoir un goût d'aventure. C'est très excitant, d'une certaine manière.
Je voudrais avoir des yeux supplémentaires pour pouvoir m'imprégner de l'étrangeté des lieux, observer ces gens qui ne paraissent pas étonnés le moins du monde. Je reste figée sur le trottoir un long moment, en tout cas jusqu'au moment où je me fais brutalement bousculer. Je tombe à la renverse. Je me relève malaisément sous le regard amusé de commères pendues à leur fenêtre. Je m'apprête à flanquer une baffe à mon agresseur puis me ravise au dernier moment. Grossière erreur.
-Tu pourrais faire 'tention, espèce de grosse pasmoule !
Je hausse les sourcils derrière mes lunettes noires, interdite.
-C'est moi que tu traites de pasmoule ? je rétorque avec un air de chien de garde.
Bien que je ne connaisse pas la signification du mot « pasmoule », j'ai bien saisi que c'est une insulte. Mon agresseur me toise en plissant les yeux d'un air de défi.
C'est une fille qui doit avoir à peu près mon âge. Elle est grande et mince. Des mèches de ses cheveux mauves tombent dans ses grands yeux bleus. Je les trouve ridicules, ces yeux. Ils sont tellement grands qu'ils donnent à cette fille l'impression d'être continuellement surprise. Elle a un front droit et proéminent, un petit nez retroussé et un visage oblong. Sa tenue est on ne peut plus bizarre : elle porte un débardeur noir placardé de... sceptres ? complété d'un minishort jaune vif qui se prolonge en franges multicolores jusqu'à ses pieds habillés de rollers noirs sur lesquels on peut lire : « La philosophie ukulélé » imprimé en jaune canari. Elle me fait penser à une de ces héroïnes de manga. Je suis intriguée tout d'abord par le sens de cette phrase qui, je dois dire, m'échappe totalement. Et puis, pourquoi cherche-t-elle à se faire remarquer à un tel point qu'elle se teint les cheveux en violet et qu'elle s'habille d'une façon aussi... originale ? Voilà une question que je voudrais bien éclaircir, histoire que j'en prenne de la graine.
-Oui, c'est toi que je traite de pasmoule, reprend l'adolescente avec un sourire sarcastique. Tu devrais savoir que tu te trouves dans l'allée où circulent les roller-men.
Je jette un coup d'½il circulaire autour de moi. En effet, j'étais tellement en béatitude devant le spectacle de l'avenue Mayor I que je ne me suis pas aperçue que des gens en patins à roulettes m'esquivaient depuis tout à l'heure. Je me sens tout à coup super nulle et je pique un fard. La fille mauve me prend par le bras. Elle a de longs doigts fins, tels des doigts de pianiste ou d'écrivain.
-Allez, c'est pas grave, dit-elle d'un ton où je perçois un soupçon de moquerie. Tu vas au lycée Mayor I ?
Je fais un signe de tête affirmatif.
-Swiz, on va pouvoir faire la route ensemble. Au fait, je m'appelle Kamice. Et toi ?
Sur ces paroles, elle commence à rouler, tout en m'agrippant toujours le bras. Je la suis tant bien que mal.
-Euh, Jenna..., je réponds. Tu as toujours vécu ici ?
Sans me regarder, elle continue de rouler. Je dois me mettre à courir. On zigzague entre les autres roller-men, lesquels me considèrent d'un air un peu dérouté.
-Oui ! Pourquoi, pas toi ?!
Je lui explique alors ma situation. Elle éclate d'un rire de chèvre qui fait se retourner plusieurs passants. Elle prend de la vitesse. Une vraie fusée à rollers.
-C'est clair que tu dois être dépaysée, ici. Tu ne trouveras jamais une ville telle que celle-ci. Elle est unique en son genre.
Tu parles, Charles. En parlant de dépaysement, je ne sais même pas où se trouve Ariopolis. Sans être une as de géographie, je dirais que c'est quelque part vers la frontière franco-italienne, étant donné que nous sommes entourées par les Alpes et la garrigue. Je m'enquiers de cette information auprès de Kamice. Elle rigole à nouveau. J'ai vraiment l'impression de passer pour une idiote, mais je reste digne tout en soufflant comme un b½uf à cause de ma course forcée. Mon sac est balloté sur mon dos comme un fétu de paille.
-Qu'est-ce que ça peut faire de savoir où ça se trouve ! s'exclame-t-elle d'une voix tonitruante. L'important, c'est de savoir où TOI tu es.
Sur ces entrefaites, on atteint la grande place. Je suis à bout de souffle, j'ai l'impression que je vais vomir mes poumons. Elle avise la grande bâtisse nantie de signes étranges.
-Tu vois, ça, c'est notre Mostzalam, dit-elle d'un ton solennel. C'est le lieu de culte de toutes les religions ariennes. Juifs, chrétiens, musulmans, on ne fait pas de chichi. Tout le monde se retrouve ici pour prier, dans la tolérance et le respect. Tu n'as pas ça chez toi, je suppose ?
J'avoue que je trouve cette invention plutôt intelligente. Il y aurait donc un véritable cerveau à la tête de cette métropole ? Quelqu'un qui prônerait la tolérance, le respect de l'environnement, l'originalité ? J'apprends par la suite que le building appelé Palazzo est en fait la mairie, dont le Mayor Helmut Sadelbreck est le maire. J'apprends aussi qu'Ariopolis est une cité-État indépendante, qui survit économiquement grâce à la vente de ses films aux industries étrangères, mais également avec l'exportation de tous les fruits et légumes qui poussent dans les vergers en périphérie. C'est cool. Je commence à voir cet endroit d'un ½il neuf.
Le lycée, vu de l'extérieur, ressemble à n'importe quel autre établissement scolaire ordinaire. Toutefois, l'intérieur a plutôt l'air d'une grande galerie d'art : divers tableaux sont accrochés aux murs du hall, représentant des éléphants braquant une banque ou des bananes en bikini. Des vitrines contenant des objets poussiéreux encombrent les couloirs. Deux aigles en métal, ailes déployées, flanquent la double porte de l'entrée comme deux gardiens de l'enfer. Ils me font peur, avec leurs yeux rougeoyants qui semblent suivre chacun de nos mouvements. Kamice m'a dit que le principal souhaitait que ses élèves aient accès à un minimum de culture, voilà pourquoi son lycée avait accueilli de nombreuses ½uvres d'art. Terroriser les étudiants avec des volatiles en acier n'est pas tellement l'idée que je me fais de la culture, mais c'est une question de point de vue, évidemment.

*


Le soir, quand je rentre, je suis vannée. Je n'aurais jamais cru qu'aller dans un lycée d'une autre ville, d'un autre monde, serait aussi épuisant. Kamice est sympa. Au moins, elle n'est pas monoculaire et je n'ai repéré aucune trace de furoncle sur son visage. Elle est dans la même classe que moi, bien qu'on n'ait que deux cours en commun ; la Zoo-Frutologie, qui pourrait se traduire par un cours d'écologie ; et la Métrie, qui consiste à mesurer tout un tas de choses, de la circonférence d'un grain de sable à celle de Pluton. Ensuite, j'ai trois autres cours : l'Arioespace-Temps, dit l'AET (la géographie et l'histoire d'Ariopolis) ; la Nanolangue, qui a pour but de repérer les ressemblances entre les mots et de saisir leur sens ultime (par exemple, comprendre pourquoi le mot « lorsque » est composé à la fois de « lors » et de « que ». J'avoue que je n'ai pas saisi toutes les subtilités de ce cours) ; et enfin, le cours de Cinéma Éducatif Et Ludique, le CCEEL. Je comprends maintenant pourquoi Arnia fait une fixette sur le septième art.
Effectivement, Ariopolis semble avoir trois centres d'intérêt : le chou, le courgettes-ball et le cinéma. Résultat : on étudie des films qui parlent d'humains mutant en choux lors de la Grande Vasque du courgettes-ball. Osé, non ? On prend des notes sur nos tablettes en bois avec nos pyrograveurs (je me suis brûlée trois fois) sur des sujets loufoques tels que le pourcentage de sel dans les larmes de Fidii Hollow dans Le Bonheur Est Dans La Prairie Des Lapins Bleus.
Cependant, je dois reconnaître que c'est plus marrant que de passer une heure et demie à étudier les méthodes d'agriculture en Inde, même si je sais que quand je rentrerai chez moi (à supposer que j'y rentre un jour !) je serai certainement obligée de redoubler, étant donné les divergences ariennes avec les programmes scolaires traditionnels.
Je suis exténuée mais pourtant il faut que je raconte tout ce que j'ai vécu à Juliette.

« De : Ton grain de semoule
Sujet : Ah, là, là...
Ah, là, là, si tu savais, ma Juju ! Ma ville de schtarbés est plutôt cool, en fait. Ils roulent tous en trottinette et ils ont une passion invétérée pour le chou et le cinéma, mais je te promets qu'ils sont sympas. En ce moment, ils font tout un foin pour ce qu'ils appellent la Grande Vasque du courgettes-ball. Je te donnerai plus d'infos un peu plus tard.
J'ai fait la connaissance d'une fille, Kamice, qui vit là-bas depuis toujours. Je suis sûre que tu l'aimerais bien : elle déteste la pétanque, comme toi, et elle adore les nouilles chinoises, comme toi (elle n'en a jamais mangées mais elle est sûre qu'elle adorerait). Sinon, le lycée est carrément dément : on écrit sur des tablettes en bois et on a des cours de cinéma et d'écologie ! En plus, tous les gens sont excentriques. Genre, y'a une fille de ma classe qui a décidé de se raser le sommet du crâne pour se faire tatouer une chauve-souris. Donc ça veut dire que moi, à côté, avec mes yeux difformes, c'est du gâteau ! Et puis, dans ma classe, il y a un garçon, super mignon...
»

Après quelques secondes de réflexion, j'efface la dernière phrase. Il est vrai que Vittorio Tinelli, dit Vitto, ne me laisse pas indifférente. Je ne sais pas ce qui m'attire chez lui. Il est petit, malingre, brun, à la peau très mate, avec des yeux noisette enfoncés dans leurs orbites. Il a l'air timide mais je suis certaine qu'il est gentil. De toute façon, je n'espère que de l'amitié avec lui. N'oublions pas que je sors avec Alban, le mec le plus sexy de l'univers. C'est donc pour cette raison que je ne souhaite pas en parler à Juliette. Pour le moment.
Je complète mon mail par la pièce jointe que voici :

« Ariopolis : ville de 213 845 habitants. Langue parlée : français, avec en prime le patois arien. Intérêts culturels : l'église multi-religions, dite Mostzalam ; toute l'industrie cinématographique ; la grande trottiroute. Lois principales : Il est interdit de circuler en ville avec un véhicule motorisé à l'essence ou au diesel. Seule l'huile végétale est autorisée. Il est interdit de capturer les cerfs en forêt ; c'est une espèce spécialement créée pour la traction de véhicules tels que les charrettes et éventuellement les traîneaux.
Swiz = cool
Pasmoule = gourde, cruche, débile...
Mayor = maire
Hamzali = maison
Palazzo = mairie
Ça te fait un peu de vocabulaire au cas où tu débarquerais à Ariopolis !
»

Hop, j'appuie sur la touche Entrée pour expédier mon courrier. Je suis complètement naze. Je crois que je vais aller m'allonger sur mon lit. Tiens, Faustine y a laissé le journal. À la une, on peut lire en gros titres : « LES STARS SE FONT LA MALLE ». Cela suffit à attiser ma curiosité. J'ouvre le journal à la première page :

« Quelle est la malédiction qui plane sur Ariopolis ?

En effet, d'après nos sources les plus sérieuses, il semblerait que l'actrice Fidii Hollow ne soit pas présente cette année à l'ouverture de la Grande Vasque du courgettes-ball à l'occasion du Bal de la Courgette organisé au Manoir Glauque le 7 septembre prochain. Ce bal a pour but de rassembler les différentes équipes qui se disputeront sur le terrain ainsi que les personnalités importantes d'Ariopolis. Mademoiselle Hollow était l'ambassadrice de ce bal depuis trois ans déjà et c'est dans l'incompréhension la plus totale que nous vivons son départ pour « un peu de repos et de sérénité » à la Maison Joli-C½ur située dans le quartier des Choux-en-Pot. D'après ses dires, la vedette aurait eu une année éprouvante et elle ne serait donc pas en état de présider le bal. Voilà pourquoi elle se retire à l'abri des regards indiscrets dans cette maison de repos de renommée internationale. On peut cependant remarquer que le sportif Pipol Zerzum a choisi cette même maison de repos pour ses vacances improvisées. Existerait-il un lien entre Zerzum et Hollow ? Nul ne le sait. Notre meilleur journaliste, Snake Zéro, mène l'enquête.
Les remplaçants de mademoiselle Hollow et de son fiancé Safir Millman, sont, comme la presse s'y attendait, monsieur et madame Sagbar (photo p.3) qui sont très heureux d'assister aux festivités. « Nous sommes ravis que le Mayor Sadelbreck nous accorde sa totale confiance, commente Carienne Sagbar, épouse de Perry Sagbar. Nous ne le décevrons pas, c'est certain ». Nous espérons de tout c½ur que madame Sagbar dit vrai. On n'avait plus beaucoup entendu parler des Sagbar après la faillite d'Eponyme, leur maison de disques, mais voilà que la Grande Vasque du courgettes-ball pourrait redonner un coup de fouet à leur popularité. Suite page 7...
»

Je regarde ensuite page trois. On y a imprimé une photo en noir et blanc du couple Sagbar. Ces gens sont importants, cela se sait dès le premier coup d'½il. Carienne Sagbar est grande, plantureuse, avec une chevelure proéminente. Elle porte une longue robe toute simple. Son cou est serti d'une magnifique parure de diamants. Elle sourit d'un air guilleret et plein d'assurance. Je crois qu'Arnia aimerait être ce genre de personne. Perry Sagbar, lui, est aux antipodes de sa femme. Petit, chétif, il arbore un visage sec aux traits sévères. Ses cheveux couleur corbeau sont plaqués sur sa tête. Ses petits yeux perçants paraissent vouloir passer le photographe aux rayons X. Il ne doit pas rigoler tous les jours, ce bonhomme-là. Je ne sais pas pourquoi, mais son visage a quelque chose de familier. Mouais.
Je referme le quotidien, le range dans un des tiroirs de mon bureau et passe à autre chose.




(C) MAYOU

Bienvenue à Dingopolis © | 2008 | Tous droits réservés.
A consommer de préférence avant le 22 janvier -1037

# Posté le jeudi 28 mai 2009 13:07

Modifié le lundi 01 juin 2009 15:32